Le Qi (appelé aussi souffle de vie ou énergie vitale)

La pensée chinoise le désigne comme un souffle vital à la circulation alternée Yin/Yang. Le Qi anime et accompagne la naissance, l’existence et la mort dans un cycle en perpétuel renouvellement. La philosophie taoïste et la médecine traditionnelle chinoise en font une essence immatérielle, invisible et inodore, qui anime et réchauffe les corps selon un mode de circulation précis. Le fœtus reçoit des 2 parents le souffle primordial (yuanqi) et le souffle prénatal (jīng) à partir desquels il va construire son propre Qi grâce à la digestion, la respiration et à l’activité de son dantian. Cela alimentera également la conscience, la pensée et la spiritualité. Le Qi se manifeste, au sein du corps humain, à travers 5 grandes fonctions : la vitalité, le mouvement, la protection, la transformation et la chaleur. Dans la médecine traditionnelle chinoise, l’état pathologique serait engendré par une mauvaise circulation du Qi, ou par la circulation d’un Qi nocif. Elle désigne alors un Qi favorable à la bonne santé, et un Qi vicié qui engendre la maladie.

Philosophie et principe fondamental de l’univers

Le Qi est aussi un principe fondamental et unique, qui donne à l’univers et aux êtres leur forme, tout en les transformant sans cesse. Il circule indifféremment dans les choses et les êtres, les reliant en permanence. Dans la cosmogonie chinoise, le Qi pré-existe à l’émergence du Yin et du Yang.

Dans la philosophie taoïste, le Qi est perçu comme participant à l’évolution spirituelle d’un être. En raffinant le souffle vital par différents exercices (méditation, sport, réflexion…), l’humain espère progresser dans son développement spirituel, et atteindre un état mental censé rejoindre le fonctionnement fondamental du cosmos. La pratique, nommée Qi gong, se base sur des exercices de respiration et de visualisations mentales, alliés à des mouvements ou postures. Elle définit 3 centres de raffinage : le champ de cinabre inférieur, ou dantian inférieur, représentant l’endroit où se fabrique et s’entretient le Qi en tant que substance vitale ; le champ d’élixir, transformant le Qi en shen, qui est un souffle plus subtil propre à la pensée ; et le champ du troisième dantian où le shen se transforme en un souffle propre à la spiritualité. C’est ce dernier qui amène à agir selon les lois intrinsèques d’équilibre de l’univers que le taoïsme nomme la Voie, ou Tao. 

Dans la pensée chinoise, la nature sauvage nous semble équilibrée et indépendante parce que le Qi s’y manifeste de façon harmonieuse, selon la loi naturelle du Tao. ‘‘L’eau s’écoule dans le ruisseau et change de forme au gré des obstacles’’ : l’humain cherche a renoué avec cet état naturel d’harmonie à l’aide d’exercices et d’expériences.

Les centres du Qi

La médecine traditionnelle chinoise établit l’existence de 3 zones de concentration du Qi, réparties dans le corps le long du méridien Ren : les dantian, champ d’élixir. 

Dantian Inférieur      
Il est celui dont on parle le plus parce qu’il fabrique du Qi. C’est le fameux hara ou seika tanden japonais, ou hypogastre français, situé au niveau du chakra sacré. Le taoïsme et la médecine traditionnelle chinoise en font le lieu de transformation de l’essence jing en Qi. Jing désigne à la fois le souffle vital qu’on reçoit des parents, et celui qui découle de la digestion.
Dantian Médian         
Ce centre transforme le Qi en souffle spirituel qui anime la vie mentale et la conscience. Il se situe au niveau du chakra du cœur.
Dantian Supérieur     
Il transforme shen, l’esprit, en un état spirituel libre conduisant à ce que les philosophies taoïstes et confucianistes nomment le retour au wuji. Il se situe au niveau du chakra du troisième œil.

Circulation du Qi

La circulation du Qi dans le corps a été découverte en Chine par empirisme, au fil de siècles de pratique. La médecine chinoise distingue 2 formes de Qi, le souffle intègre (zhengqi) garant d’une bonne santé et le souffle vicié (xiéqi) générateur de maladies. Le Qi circule soit en phase yang, soit en phase yin, dans des canaux spécifiques appelés méridiens dont vous pouvez lire l’article lié.

Selon la tradition chinoise, la circulation interne du Qi dans le corps génère un flux constant de Qi externe autour du corps, d’après un schéma établi par empirisme et qui n’a pas connu de modifications au cours des époques. Pour correspondre à une vision plus contemporaine, cette activité a été nommée ‘‘champ de Qi’’  ou corps subtiles. 

Le Qi et les arts martiaux

La médecine chinoise se base en grande partie sur la notion du Qi qui est à l’origine de techniques comme l’acupuncture et les massages, consistant à stimuler les points de rencontre des méridiens. Dans cette médecine, on y distingue les liquides organiques, le sang et le Qi, qui est lui-même subdivisé en plusieurs types. Elle inspire les théories de l’équilibre alimentaire et des exercices tels que ceux pratiqués dans les arts martiaux dits ‘‘internes’’ comme le taiji quan ou le hsing i, ainsi que le qi gong. Leur but est de maintenir l’équilibre et le dynamisme du Qi dans le corps, et de l’utiliser lors de rencontres martiales.

La maîtrise du Qi fait aussi partie de l’enseignement avancé des bouddhistes et des taoïstes à travers la méditation et divers exercices, plus en lien avec le dantian supérieur.

Arts martiaux chinois

Tous les arts martiaux chinois utilisent la notion de Qi. Certains mettront l’accent sur sa maîtrise et son utilisation plutôt que sur l’exercice musculaire. On distingue ainsi les arts martiaux internes des arts martiaux externes. Les applications du taiji quan utilisent le Qi en tant que ressource pour renvoyer une force vers l’adversaire après avoir détourné la sienne. Le dantian est fondamental ; ‘‘faire descendre le souffle’’, une technique de respiration avec le ventre imitant celle des nourrissons, permet d’ancrer les postures et d’améliorer la circulation du souffle vital. Lors d’entraînements de taiji quan, que ce soit l’enchainement des mouvements (la forme), l’exercice de tuī shǒu (la poussée par les mains) ou le combat libre (sanshou), l’attention portée à ces fondamentaux permet de travailler mieux, plus longtemps, plus efficacement en plus de rendre les mouvements aussi fluides que possible. Vous pouvez en découvrir d’avantage en suivant le lien : MaTiaoli.

Le kung fu shaolin s’appuie pour certaines techniques sur le ciblage de points précis du corps, spécialement sensibles, afin de rendre les attaques plus efficaces.

Arts martiaux japonais

Pour désigner le ki, on utilise parfois l’expression ‘‘souffle-énergie’’ (kokyu-ryokyu).

Dans les arts martiaux japonais, lorsqu’un coup est porté, c’est le ki du frappeur qui est transmis à l’adversaire et provoque la blessure ; à ce titre, l’important est plus de frapper un point vital que de mettre de la puissance physique. Le cri, kiaï, est une autre manière d’extérioriser le ki. La concentration du souffle-énergie, dans le seika tanden, est un des éléments fondamentaux des budo : les hanches sont la liaison entre le haut du corps (qui manipule les armes) et le bas du corps (la stabilité). D’un point de vue symbolique, le seika tanden réalise la liaison entre ‘‘le ciel et la terre’’ (tenchi), l’unification entre l’intention (le ciel, la pensée) et l’énergie (la terre).

Le ki reliant les êtres, il relie également les 2 adversaires. Ainsi, un des principes de l’aikido est d’unir les énergies des partenaires afin de supprimer l’agression. Au kyudo (tir à l’arc zen), on considère que la flèche est reliée à la cible, qu’elle fait déjà partie de la cible avant même d’être décochée.

La notion de vigilance, le zanshin que l’on retrouve dans tous les arts martiaux japonais (y compris le ninjutsu, l’art des ninjas), s’appuie aussi sur le concept de ki. À travers le souffle-énergie, on peut sentir l’intention de l’ennemi, ce qui permet de riposter plus efficacement, voire d’agir avant que l’adversaire ait pu lui-même agir. On utilise également le terme ‘‘sen’’ pour désigner cette action.

Clin d’œil

La notion de Qi a inspiré la notion de Force dans l’univers de Star Wars, qui est d’ailleurs globalement très inspiré du Japon médiéval (forme des casques des soldats de l’Empire, scénario inspiré de La Forteresse cachée de Kurosawa, analogies redondantes entre Jedis et samouraïs…).

Les mangas rendent très souvent compte de cette notion : Dragon Ball, Ranma 1/2, Naruto….

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